jeudi 19 mars 2009

Par le prisme de ma lucarne, je vois la rue.

Par le prisme de ma lucarne, je vois la rue. Je vois des rues pour être exact. Des avenues de la république qui reprennent pour une journée leur charge symbolique. Par le prisme de ma lucarne, je vois les journalistes souriants micro à la main commentant la journée d'action comme un grand pique nique dominical. Sur canal +, on nous propose des duplex des grandes villes de France. Chaque journaliste donnant son avis sur la manifestation, le soleil dans les yeux, un léger pull sur les épaules et sourire aux lèvres.

Le ton est bon enfant, le soleil est au rendez vous, cela a des airs de carnaval. Je me souviens de mouvement ou l'angle n'était pas le même. Usagers en colère dans des couloirs sombres de métros ou sous le lourd édifice métallique d'une gare. Tout est une question d'angle. Le champ et le contre-champ.

Aujourd'hui ça semble être une fête, je distingue aucune force de l'ordre dans ma lucarne. Hors champ pour le moment. Je n'ai jamais vraiment apprécié les manifestations. Du moins je n'y participe pas, je me range du coté de Desproges pour ça. Les cortèges peuvent célébrer tellement de choses différentes. Le champ et le contre-champ. Les dérives de la libération contre champ, Mai 68 champ et dans un même mouvement on peut trouver les deux. C'est surement pour cela que j'ai toujours eu du mal avec les manifestations. Le champ et le contre champ encore et toujours !

Aujourd'hui, par le prisme de ma lucarne j'ai vu la démocratie marchant dans la rue. Un champ au doux gout de printemps. Par le prisme de ma lucarne, je n'ai pas vu le contre champ, le gouvernement ne bougera pas, il l'a dit et affirmé. Il ne pliera pas. Le champ en mouvement et le contre champ en plan fixe.

Par le prisme de ma lucarne, j'ai vu la démocratie française.

Par le prisme de ma lucarne, j'attends de voir les carnavals se transformer en affrontements car c'est ça aussi le prisme de la foule.

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