jeudi 10 décembre 2009
Les meilleurs gags restent les chutes.
mercredi 4 novembre 2009
Génération d’ici, de maintenant et probablement de nulle part.
Par la fenêtre découpée de pub, il regarde les gens et leurs tracas quotidiens. Il se plait à croire qu’il n’est pas et reprouve cette pensée orgueilleuse. Même Dieu a voulu être quelqu’un. Il use le cuir, un café à la main. Il touche sa moustache qui fait de lui un homme et se rêve d’être à nouveau un môme. Il n’est pas triste et pourtant on dirait bien. Ses amis lui parlent parfois de ses yeux et de la peine qu’ils y voient. Il rit et a travers sa moustache, il fait le gamin. Il est comme tout le monde et parfois il aime bien. Il use le cuir en pensant à demain.
Il pense qu’il devrait moins le faire, un cercle vicieux qui malgré tout le rend heureux. Penser aimer sur une même ligne se font la cour dansant un tango, s’embrassant jusqu’en dernier souffle. Il connaît son coté éphémère et le crie a tout vent. Les gens pensent qu’il est dépressif ou souffrant d’un de ces cas nouveaux maux tapis dans l’âme et qui sont a la mode. Il n’en est rien et ca l’énerve car pour lui savoir sa fin c’est en aimer le déroulement. Il a peut être tort et ne fait pas beaucoup d’effort. Ses yeux le trahissent, sa voix le dissimule. Un paradoxe qui ne permet pas de mettre d’étiquettes comme les gens aiment le faire.
Il use le cuir et en silence devient quelqu’un.
Il est de cette génération. D'ici, de maintenant et probablement de nulle part.
dimanche 25 octobre 2009
Lorsque l’étymologie reprend ses droits.
Dans notre belle société ou la moindre parcelle de cépages a été mondialisée prenant moult nationalités et aucun nom, le monde du travail a connu, en l’espace de quelques années, des modifications majeures prenant parfois les formes les plus sordides ou l’anpe se vide aussi vite de ses annonces que se remplissent les chroniques nécrologiques.
L’efficacité, la productivité, la performance et la flexibilité sont des concept-dieux et ses sujets sont bien mal récompensés de les vénérer avec autant de ferveur.
Fini le travail qui voyageait en parallèle d’une vie. Le salaire n’était pas meilleur, la reconnaissance non plus, mais la sécurité existait malgré tout. La flexibilité de l’emploi est une nouvelle forme de précarité dans la société. Un nouveau mot détourné de sa fonction première si belle a mes yeux. Elle excuse des licenciements, des affronts économiques et bien souvent appuie des profits rapides considérables. La mondialisation a augmenté les flux économiques sans pour autant emporter le capital travail avec lui. Déplacer pour demeilleur profit n’est en aucun cas de flexibilité.
Déplacer pour de meilleur profit.
Le leitmotiv de tous investisseurs ou actionnaires gourmands de ses dividendes à la croissance aux hormones. Une forme si pernicieuse où les patrons se transforment en cambrioleurs pour emporter dans leur folie ses machines devenues plus importantes que les personnels lui-même. Une existence comptable.
Face à ces changements aussi violents et fulgurants, le personnel ne peut pas suivre autant géographiquement que philosophiquement à la plus grande ignorance ou joie (mon cynisme habituel) des conseils d’administration.
Le travail est devenu anti-épicurien. Vivre sous la barre de ses frustrations est anti productif. Le management des entreprises se repose sur la frustration générée auprès des ses employés. La frustration de la défaite face à des objectifs inatteignables et exponentiels. Une frustration créant de fait de la concurrence face à soi même et autres passant de collègues à ennemis dans une spirale où le meilleur devient obligatoire pour une enseigne sans reconnaissance. Logiquement l’intégration dans ce contexte devient dénuée d’intérêt. Le paternalisme à la mode de Clermont-Ferrand s’incline et meurt devant un mercenariat sans scrupule. Pauvres romains que nous sommes devenus.
France télécom n’est que l’arbre qui cache la foret, un mal si parfaitement accordé à notre société. Une société où l’étymologie reprend ses droits. Le travail, une torture où les fenêtres deviennent parfois la seule porte de sortie.
Travail du latin trepalium= instrument de torture.
mardi 24 mars 2009
La nuit, tous les chats sont gris et insomniaques.
Internet a même changé le caractère de la nuit. Avant, les insomniaques végétaient devant la petite lucarne en regardant des émissions de chasses et des clips. Je ne parle pas de 50 ans en arrière. Aujourd'hui le temps n'a plus d'emprise sur nous pauvres humains. Écouter des émissions de radio, regarder des films et des émissions ( voulues plus que subi) est possible. Internet ne connait pas les impératifs de temps régit par une quelconque grille de programme. Le journal télévisé n'est plus à 20 heures sur la toile mais à tout moment. Internet est à l'image de cette nouvelle humanité ou l'individualisme est roi. Un monde "à la carte" ou WOD (world on demand).
La nuit, mes billets sont chaotiques et manquent de pertinence. La nuit, je fais comme tout le monde, je prends sans aucun scrupule mon droit à avoir mon programme personnalisé.
La nuit, tous les chats sont gris et surement pas insomniaques cependant l'image me fait sourire.
vendredi 20 mars 2009
Le culte et l'icone version maxi best of
Le reste de la conversation passant alors du cinéma a l'étymologie. Pour être plus exact le sens que l'on donne aux mots et aux choses de nos jours. Nous avons tous la plupart du temps esquiver les cours de Latin et ne pas déplorer l'absence de cours de grec au lycée, un peu comme la philosophie ce sont des matières mal représentées dans les parcours scolaires. Je ne parle pas des professeurs dans ce cas précis mais de l'idée que le lycéen s'en fait. C'est un grand tort. Maitriser le langage c'est déjà maitriser sa pensée. Nos grands mères prônaient souvent : une place pour chaque chose et chaque chose a sa place. Le même parallèle existe avec les mots et leurs significations.
De nos jours, le culte devient monnaie courante et les icônes fleurissent aussi vite que les brèves pendant un journal télévisé américain. Ingrid Betancourt est un exemple de ses icônes. Je ne renie en aucun cas le calvaire qu'a du faire face Madame Betancourt dans la jungle, ni les combats qu'elle a gagné pendant toutes ses années. Les idées priment sur tout, la liberté prime sur toutes les tortures et tous les tortionnaires, voila ce que doit retenir le public à la vue de Madame Betancourt. Soutenir la liberté ne veut pas dire en devenir la figure de proue de celle ci.
Le monde médiatique produit des icônes a la pelle. Des plus crédibles voire légitimes comme Madame Betancourt au plus invraisemblables voire morbides. La télé réalité s'est fait une spécialité de cette dernière pratique. La lucarne encore et toujours elle extrait de sa cuisse des représentations comme autant de soupirs. Dans cette boite, nous apercevons des gens plus ou moins célèbres propulsés sur le devant de la scène avec comme fardeau un idéal ou des idées souvent trop larges pour eux. La jeune anglaise mourant devant les cameras, est elle une icône ? et si oui que représente elle ? L'affrontement de la mort en direct est elle la représentation de notre société ou les lions sont fatigués et depuis longtemps repus de leurs anciennes victimes. Nous perdons le sens des mots et leurs poids. Une icône n'est pas une bénédiction ou un traitement de faveur mais une lourde responsabilité. Une responsabilité que l'on confie généralement aux morts et cela se comprend.
Sympathie en grec signifie souffrir avec. J'éprouve de la sympathie pour tous ces mots qui , au détour d'un chemin d'une mécanique trop rapide, se sont retrouvés coincés au Mac do emballés dans une boite et proposés en version Maxi Best of.
jeudi 19 mars 2009
Par le prisme de ma lucarne, je vois la rue.
Le ton est bon enfant, le soleil est au rendez vous, cela a des airs de carnaval. Je me souviens de mouvement ou l'angle n'était pas le même. Usagers en colère dans des couloirs sombres de métros ou sous le lourd édifice métallique d'une gare. Tout est une question d'angle. Le champ et le contre-champ.
Aujourd'hui ça semble être une fête, je distingue aucune force de l'ordre dans ma lucarne. Hors champ pour le moment. Je n'ai jamais vraiment apprécié les manifestations. Du moins je n'y participe pas, je me range du coté de Desproges pour ça. Les cortèges peuvent célébrer tellement de choses différentes. Le champ et le contre-champ. Les dérives de la libération contre champ, Mai 68 champ et dans un même mouvement on peut trouver les deux. C'est surement pour cela que j'ai toujours eu du mal avec les manifestations. Le champ et le contre champ encore et toujours !
Aujourd'hui, par le prisme de ma lucarne j'ai vu la démocratie marchant dans la rue. Un champ au doux gout de printemps. Par le prisme de ma lucarne, je n'ai pas vu le contre champ, le gouvernement ne bougera pas, il l'a dit et affirmé. Il ne pliera pas. Le champ en mouvement et le contre champ en plan fixe.
Par le prisme de ma lucarne, j'ai vu la démocratie française.
Par le prisme de ma lucarne, j'attends de voir les carnavals se transformer en affrontements car c'est ça aussi le prisme de la foule.
lundi 16 mars 2009
Cheveux longs, idées courtes.
Frédéric Lefebvre est la personnification même de ce titre. Porte parole de l'Ump et porte flingue attitré de notre président de la république, Frédéric Lefebvre ancré dans son rôle parle et déploie ses idées courtes aux rythmes du balancement de ses cheveux longs.
Un seul mot d'ordre choquer. Choquer par sa démagogie et sa mauvaise foi. Une grève et il attaque sans ménagement les syndicats en émettant l'idée très démocratique de leur suspendre purement et simplement leur carte de syndicalisme. Loin le temps du débat et des joutes verbales inspirées, Beaumarchais perdrait à Yo momma c'est sur. Nous avons tous perdus et Frédéric Lefebvre est en le trophée. De ceux que l'on voudrait jeter mais qui restent bloqués dans l'étagère du salon car on a perdu la clé. Il n'est pas le seul dans ce cas mais il est un exemple si parlant que par essence il en devient un mètre étalon.
Définition du porte parole : Un porte-parole est une personne dont le rôle est de prendre la parole au nom des autres.
Donc par analogie Monsieur Lefebvre parle au nom de ses camarades de l'ump. Je ne les remercie donc pas non plus pour leur brio et leur bonne intelligence. Sautons mes amis dans les abimes ou les coups bas et les phrases chocs côtoient des médias en quête de chair fraiche et de buzz immédiat sans se soucier des conséquences a long terme. Il y a des conséquences, il y en a toujours et aujourd'hui une de ses conséquences est le manque de confiance envers ses hommes qui constituent le lien entre la base (le peuple) et le pouvoir (la représentation du peuple). Ce lien n'existe plus. Est ce utopique de croire que ce lien existait ? Je ne crois pas. Je ne crois pas non plus à un idéal ou les hommes politiques serviraient le peuple sans aucun intérêt personnel. Je ne crois pas non plus à la dévotion béate mais je crois à la décence et au respect. Respect de l'information, respect du peuple qui parle, respect de ne pas prendre ce peuple pour des abrutis.
La politique s'essouffle et se débat comme une baleine échouée sur une plage et comme tout agonisant elle commence à faire n'importe quoi pour survivre même se contredire plusieurs fois sur la même semaine. Je suis consterné lorsque j'allume mon poste de télé ou de radio. On a tous perdus quelque chose dans cette histoire et pas seulement du pouvoir d'achat. la politique ne peut pas être l'équivalent d'analyse d'une conversation de troquet. Malheureusement seule la cravate vous sépare parfois du zinc du coin de la rue.
J'avais perdu l'habitude d'employer des préjugés alors je ne vous remercie pas Monsieur Lefebvre car à cause de vous aujourd'hui je pense que "cheveux longs, idées courtes"est parfois pas si faux que ça.