mardi 24 mars 2009

La nuit, tous les chats sont gris et insomniaques.

La nuit s'installe et je ne peux trouver le sommeil. J'erre sur la toile comme dans une ville inconnue. Internet à ceci de pratique. Il y a plus de couleurs qu'a fixer un plafond balayé par les phares des voitures. La balade ne me tente pas. La nuit bien que sublime n'attire plus mes faveurs. La peur de faire une mauvaise rencontre, je ne pense pas. La peur d'être englouti par cette ville qui laisse balader mes pensées dans ses artères, les aidant a grossir et a s'imposer comme seul motif à cette évasion nocturne, surement. Internet peut être comparé à une bouteille de whisky les jours de chagrin d'amour. On ne pense plus du moins je ne pense plus. Ce billet ne traitera de rien en particulier. Jade Goody et le parallèle avec le film "Network" ne verra pas le jour. Je vous recommande ce film à la fois si visionnaire et si loin de l'effrayante réalité.

Internet a même changé le caractère de la nuit. Avant, les insomniaques végétaient devant la petite lucarne en regardant des émissions de chasses et des clips. Je ne parle pas de 50 ans en arrière. Aujourd'hui le temps n'a plus d'emprise sur nous pauvres humains. Écouter des émissions de radio, regarder des films et des émissions ( voulues plus que subi) est possible. Internet ne connait pas les impératifs de temps régit par une quelconque grille de programme. Le journal télévisé n'est plus à 20 heures sur la toile mais à tout moment. Internet est à l'image de cette nouvelle humanité ou l'individualisme est roi. Un monde "à la carte" ou WOD (world on demand).

La nuit, mes billets sont chaotiques et manquent de pertinence. La nuit, je fais comme tout le monde, je prends sans aucun scrupule mon droit à avoir mon programme personnalisé.

La nuit, tous les chats sont gris et surement pas insomniaques cependant l'image me fait sourire.





vendredi 20 mars 2009

Le culte et l'icone version maxi best of

Cela se passe il y a quelques temps dans un petit restaurant arborant sur les murs la cinéphilie probable du patron ou d'un employé en manque de zèle. Je discutais avec un ami dans ce petit QG ou "et au milieu coulait une rivière" côtoyait "retour a cold mountain". Assis à notre table, mon ami poussait ma réflexion bancale sur l'occurrence "culte". J'avais avancé sans aucun argument que tel ou tel film était culte. Mon ami sourcilla et calmement ( comme à son habitude ) me demandait de définir le terme "culte". Je ne pus lui donner une définition pertinente me perdant dans un méandre de mots et d'hesitation qui trahissait l'imprécision de ma pensée.

Le reste de la conversation passant alors du cinéma a l'étymologie. Pour être plus exact le sens que l'on donne aux mots et aux choses de nos jours. Nous avons tous la plupart du temps esquiver les cours de Latin et ne pas déplorer l'absence de cours de grec au lycée, un peu comme la philosophie ce sont des matières mal représentées dans les parcours scolaires. Je ne parle pas des professeurs dans ce cas précis mais de l'idée que le lycéen s'en fait. C'est un grand tort. Maitriser le langage c'est déjà maitriser sa pensée. Nos grands mères prônaient souvent : une place pour chaque chose et chaque chose a sa place. Le même parallèle existe avec les mots et leurs significations.

De nos jours, le culte devient monnaie courante et les icônes fleurissent aussi vite que les brèves pendant un journal télévisé américain. Ingrid Betancourt est un exemple de ses icônes. Je ne renie en aucun cas le calvaire qu'a du faire face Madame Betancourt dans la jungle, ni les combats qu'elle a gagné pendant toutes ses années. Les idées priment sur tout, la liberté prime sur toutes les tortures et tous les tortionnaires, voila ce que doit retenir le public à la vue de Madame Betancourt. Soutenir la liberté ne veut pas dire en devenir la figure de proue de celle ci.

Le monde médiatique produit des icônes a la pelle. Des plus crédibles voire légitimes comme Madame Betancourt au plus invraisemblables voire morbides. La télé réalité s'est fait une spécialité de cette dernière pratique. La lucarne encore et toujours elle extrait de sa cuisse des représentations comme autant de soupirs. Dans cette boite, nous apercevons des gens plus ou moins célèbres propulsés sur le devant de la scène avec comme fardeau un idéal ou des idées souvent trop larges pour eux. La jeune anglaise mourant devant les cameras, est elle une icône ? et si oui que représente elle ? L'affrontement de la mort en direct est elle la représentation de notre société ou les lions sont fatigués et depuis longtemps repus de leurs anciennes victimes. Nous perdons le sens des mots et leurs poids. Une icône n'est pas une bénédiction ou un traitement de faveur mais une lourde responsabilité. Une responsabilité que l'on confie généralement aux morts et cela se comprend.

Sympathie en grec signifie souffrir avec. J'éprouve de la sympathie pour tous ces mots qui , au détour d'un chemin d'une mécanique trop rapide, se sont retrouvés coincés au Mac do emballés dans une boite et proposés en version Maxi Best of.



jeudi 19 mars 2009

Par le prisme de ma lucarne, je vois la rue.

Par le prisme de ma lucarne, je vois la rue. Je vois des rues pour être exact. Des avenues de la république qui reprennent pour une journée leur charge symbolique. Par le prisme de ma lucarne, je vois les journalistes souriants micro à la main commentant la journée d'action comme un grand pique nique dominical. Sur canal +, on nous propose des duplex des grandes villes de France. Chaque journaliste donnant son avis sur la manifestation, le soleil dans les yeux, un léger pull sur les épaules et sourire aux lèvres.

Le ton est bon enfant, le soleil est au rendez vous, cela a des airs de carnaval. Je me souviens de mouvement ou l'angle n'était pas le même. Usagers en colère dans des couloirs sombres de métros ou sous le lourd édifice métallique d'une gare. Tout est une question d'angle. Le champ et le contre-champ.

Aujourd'hui ça semble être une fête, je distingue aucune force de l'ordre dans ma lucarne. Hors champ pour le moment. Je n'ai jamais vraiment apprécié les manifestations. Du moins je n'y participe pas, je me range du coté de Desproges pour ça. Les cortèges peuvent célébrer tellement de choses différentes. Le champ et le contre-champ. Les dérives de la libération contre champ, Mai 68 champ et dans un même mouvement on peut trouver les deux. C'est surement pour cela que j'ai toujours eu du mal avec les manifestations. Le champ et le contre champ encore et toujours !

Aujourd'hui, par le prisme de ma lucarne j'ai vu la démocratie marchant dans la rue. Un champ au doux gout de printemps. Par le prisme de ma lucarne, je n'ai pas vu le contre champ, le gouvernement ne bougera pas, il l'a dit et affirmé. Il ne pliera pas. Le champ en mouvement et le contre champ en plan fixe.

Par le prisme de ma lucarne, j'ai vu la démocratie française.

Par le prisme de ma lucarne, j'attends de voir les carnavals se transformer en affrontements car c'est ça aussi le prisme de la foule.

lundi 16 mars 2009

Cheveux longs, idées courtes.

Vous vous souvenez surement de cette célèbre chanson de Johnny Hallyday en réponse à Antoine dans les années 60. Idée simpliste et discriminatoire n'étant étayer par aucun fait scientifique et oui ! bienvenu dans le monde des préjugés. Généralement je réprouve l'usage de ces raccourcis qui peuvent conduire à créer des comportements à la limite de l'acceptable pourtant dans ce cas précis je vais faire une entorse coupable.

Frédéric Lefebvre est la personnification même de ce titre. Porte parole de l'Ump et porte flingue attitré de notre président de la république, Frédéric Lefebvre ancré dans son rôle parle et déploie ses idées courtes aux rythmes du balancement de ses cheveux longs.

Un seul mot d'ordre choquer. Choquer par sa démagogie et sa mauvaise foi. Une grève et il attaque sans ménagement les syndicats en émettant l'idée très démocratique de leur suspendre purement et simplement leur carte de syndicalisme. Loin le temps du débat et des joutes verbales inspirées, Beaumarchais perdrait à Yo momma c'est sur. Nous avons tous perdus et Frédéric Lefebvre est en le trophée. De ceux que l'on voudrait jeter mais qui restent bloqués dans l'étagère du salon car on a perdu la clé. Il n'est pas le seul dans ce cas mais il est un exemple si parlant que par essence il en devient un mètre étalon.

Définition du porte parole : Un porte-parole est une personne dont le rôle est de prendre la parole au nom des autres.

Donc par analogie Monsieur Lefebvre parle au nom de ses camarades de l'ump. Je ne les remercie donc pas non plus pour leur brio et leur bonne intelligence. Sautons mes amis dans les abimes ou les coups bas et les phrases chocs côtoient des médias en quête de chair fraiche et de buzz immédiat sans se soucier des conséquences a long terme. Il y a des conséquences, il y en a toujours et aujourd'hui une de ses conséquences est le manque de confiance envers ses hommes qui constituent le lien entre la base (le peuple) et le pouvoir (la représentation du peuple). Ce lien n'existe plus. Est ce utopique de croire que ce lien existait ? Je ne crois pas. Je ne crois pas non plus à un idéal ou les hommes politiques serviraient le peuple sans aucun intérêt personnel. Je ne crois pas non plus à la dévotion béate mais je crois à la décence et au respect. Respect de l'information, respect du peuple qui parle, respect de ne pas prendre ce peuple pour des abrutis.

La politique s'essouffle et se débat comme une baleine échouée sur une plage et comme tout agonisant elle commence à faire n'importe quoi pour survivre même se contredire plusieurs fois sur la même semaine. Je suis consterné lorsque j'allume mon poste de télé ou de radio. On a tous perdus quelque chose dans cette histoire et pas seulement du pouvoir d'achat. la politique ne peut pas être l'équivalent d'analyse d'une conversation de troquet. Malheureusement seule la cravate vous sépare parfois du zinc du coin de la rue.

J'avais perdu l'habitude d'employer des préjugés alors je ne vous remercie pas Monsieur Lefebvre car à cause de vous aujourd'hui je pense que "cheveux longs, idées courtes"est parfois pas si faux que ça.

samedi 14 mars 2009

Même l'amertume est en inflation.

Je n'aime plus m'asseoir aux terrasses des cafés. J'étais un fervent partisan de cette pratique. S'asseoir a une table de café et regarder les gens vivre, respirer, marcher, pour mieux apprécier notre société. La rue est un baromètre valable sur le moral des gens contrairement aux sondages. Les appeler pour les sonder c'est déjà fausser le résultat, un cocu à toujours du mal à l'admettre même pour le bien de sa patrie. La concentration, la mise en scène meme du sondage ne permettra jamais réellement de photographier le moral de la population. S'asseoir à une terrasse de café non plus ! mais elle a l'avantage de saisir les gens dans leur quotidien sans leur demander leur permission.

Photographier une société, c'est l'arreter à un certain moment pour en voir ses caractéristiques. Une photographie qui par essence est le non mouvement. Une image figée d'une société. Je ne renie pas l'intérêt statistique, politique et ou sociologique du sondage, je reste juste sur une autre ligne. Regarder les gens prendre le bus ou faire ses courses me procure plus de détails et de vérité sur leur moral que n'importe quel journal ou institut.

A la radio, un de ses sondages indiquait l'inquiétude grandissante des français face à cette crise (que personne ne comprend) pourtant leur moral était au beau fixe en ce qui concernait leur futur. Je ne pus m'empêcher de sourire à cette nouvelle. Demander à quelqu'un s'il pense que son futur sera bien dans une situation d'un précaire présent est de mon point de vue absurde. A moins d'interroger un panel de maniacodépressif et encore j'en doute, bien sur que nos aspirations vers l'inconnu se veulent meilleures que les actuelles. Une des choses qui permet de supporter quelconque souffrance est de savoir qu'elle va se terminer. C'est la même chose pour la crise et la vision du futur. Se projeter dans un futur plus serein n'aide pas a se sentir mieux !! Non cela n'aide pas ! c'est nécessaire !!

L'absurdité de l'information me parait maintenant sublime. J'essayais d'imaginer comment vivre avec pour seule vision de la vie non pas le "c'était mieux avant" que l'on peut entendre souvent dans la bouche des amateurs de musique rock ou de littérature française mais avec son opposé le concept de "ce sera pire plus tard". Cheminer la vie en se disant perpétuellement que le futur ne serait que dévastation, maladies incurables, crises financières et subsistance de la Star académie. Le malheur à chaque fois que la trotteuse se décale d'un cran. La névrose en sachet vendu par dix.
Un homme qui ne pourrait en aucun cas se reposer sur un infime espoir est voué à ne rien faire car tout ne serait qu'echec. Les êtres damnés ont bien des excuses à leur faienantise.

Merci les sondeurs de nous conforter, nous ne sommes pas encore damnés. Pourtant lorsque je m'asseois a une terrasse de café comme j'ai l'habitude de le faire depuis quelques années, je m'apercois que quelque chose a changé. Les gens ne sont pas encore damnés, je veux bien le croire avec ou sans sondage, malgré tout de plus en plus le désespoir les gagne.

Un désespoir qui défigure notre société plus violemment que les carrefours dans les villes de campagne. De ma table, mon café à 1euro 50 minimum devant moi, je sens, j'entends et vois que tout augmente. L'inflation touche tous les produits de la vie quotidienne même l'amertume.