Dans notre belle société ou la moindre parcelle de cépages a été mondialisée prenant moult nationalités et aucun nom, le monde du travail a connu, en l’espace de quelques années, des modifications majeures prenant parfois les formes les plus sordides ou l’anpe se vide aussi vite de ses annonces que se remplissent les chroniques nécrologiques.
L’efficacité, la productivité, la performance et la flexibilité sont des concept-dieux et ses sujets sont bien mal récompensés de les vénérer avec autant de ferveur.
Fini le travail qui voyageait en parallèle d’une vie. Le salaire n’était pas meilleur, la reconnaissance non plus, mais la sécurité existait malgré tout. La flexibilité de l’emploi est une nouvelle forme de précarité dans la société. Un nouveau mot détourné de sa fonction première si belle a mes yeux. Elle excuse des licenciements, des affronts économiques et bien souvent appuie des profits rapides considérables. La mondialisation a augmenté les flux économiques sans pour autant emporter le capital travail avec lui. Déplacer pour demeilleur profit n’est en aucun cas de flexibilité.
Déplacer pour de meilleur profit.
Le leitmotiv de tous investisseurs ou actionnaires gourmands de ses dividendes à la croissance aux hormones. Une forme si pernicieuse où les patrons se transforment en cambrioleurs pour emporter dans leur folie ses machines devenues plus importantes que les personnels lui-même. Une existence comptable.
Face à ces changements aussi violents et fulgurants, le personnel ne peut pas suivre autant géographiquement que philosophiquement à la plus grande ignorance ou joie (mon cynisme habituel) des conseils d’administration.
Le travail est devenu anti-épicurien. Vivre sous la barre de ses frustrations est anti productif. Le management des entreprises se repose sur la frustration générée auprès des ses employés. La frustration de la défaite face à des objectifs inatteignables et exponentiels. Une frustration créant de fait de la concurrence face à soi même et autres passant de collègues à ennemis dans une spirale où le meilleur devient obligatoire pour une enseigne sans reconnaissance. Logiquement l’intégration dans ce contexte devient dénuée d’intérêt. Le paternalisme à la mode de Clermont-Ferrand s’incline et meurt devant un mercenariat sans scrupule. Pauvres romains que nous sommes devenus.
France télécom n’est que l’arbre qui cache la foret, un mal si parfaitement accordé à notre société. Une société où l’étymologie reprend ses droits. Le travail, une torture où les fenêtres deviennent parfois la seule porte de sortie.
Travail du latin trepalium= instrument de torture.
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